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Dernière étape : la construction de l’édifice rue Manin

Depuis bientôt quatre-vingt-dix ans, s’élève dans le 19e arrondissement de Paris, en bordure du parc des Buttes Chaumont, au numéro 55 de la rue Manin, une petite église à façade de briques rouges qui est le sanctuaire de la paroisse luthérienne de la Villette, qui sera rebaptisée Saint-Pierre en 1982 .

C’est en 1919 qu’un luthérien américain, assistant à l’assemblée générale de la paroisse de la Villette, ému de sa détresse, a fait don de la part des luthériens d’Amérique d’une somme de 100 000 F. C’était une première pierre pour un édifice futur car 30 000 F ont ensuite été récoltés parmi quelques amis de la paroisse et un nouveau don américain de 50 000 F s’est ajouté au premier.

Un terrain a alors été acquis dans une situation excellente, proche de la mairie du 19e arrondissement. D’un coté, il donnait rue Manin, en face du parc des Buttes Chaumont et de l’autre rue Édouard Pailleron, en contrebas de près de 2 mètres.

Des plans ont été soigneusement étudiés et remaniés par deux architectes connus, MM. Naville et Chauquet.

Ces plans comportaient, outre la salle de culte surélevée de quelques marches coté rue Manin, une salle en sous-sol au niveau de la rue Pailleron, donnant sur un jardin. Cette salle était destinée aux instructions religieuses et aux réunions « populaires ».

Le Consistoire donna son accord pour la construction de cette église mais il restait une très grosse somme d’argent à trouver.

 

Dessin d'architecte
pour l'église de la Villette

 Le prix du terrain était de 100 000 F. Pour la construction et les honoraires d’architecte, il fallait compter 250 000 F, mais il était possible d’ajourner la construction du clocher, ce qui fut le cas par la suite.

Une souscription ayant été ouverte, une cinquantaine de personnes s’engagèrent à verser une somme annuelle pendant dix ans de 10 à 1000 F, nous en avons retrouvé la liste. Un des architectes y était noté.

La première pierre de ce lieu de culte, le dernier dans Paris Intramuros, fut posée le 26 juin 1921 en présence du comte Paul de Pourtalès (président de la commission exécutive de l’Église Évangélique Luthérienne de France), du pasteur Henri Bach, inspecteur ecclésiastique (ce qui équivaut au titre d’évêque) et du pasteur Auguste Weber, président du Consistoire de Paris et futur inspecteur ecclésiastique.

La nouvelle église fut inaugurée le dimanche 23 mars 1924 sous la présidence de l’inspecteur ecclésiastique Louis Appia, y fut officiellement installé.

Les premières années, c’est un vieil harmonium qui entraîna les chants des fidèles en attendant la construction d’un orgue.

Ce dernier fut inauguré sept ans après celle de la paroisse, en 1931. C’est la Manufacture des grandes orgues Georges Gutschenritter qui fut chargé des travaux.

Le pasteur Étienne Meyer quitta en 1965 la paroisse après quarante-cinq ans de ministère ininterrompu et après avoir été élu inspecteur ecclésiastique, et ce durant vingt-et-un ans.

Différents pasteurs se sont ensuite succédés pour conduire la communauté : Jacques Gradt, René Blanc, également inspecteur ecclésiastique, et Claude Rémy Muess, grand amateur d’orgue et qui a œuvré pour la construction d’un campanile dans la cours pour accueillir Marthe et Marie, les deux cloches de Saint-Pierre.

C'est ensuite le pasteur Marie France Robert, inspecteur ecclésiastique également (première femme inspecteur en France) qui guidera notre communauté de 1992 à juin 2011.

Entre juillet 2012 et juin 2014, le pasteur proposant Arnaud Lépine-Lassagne a été chargé de conduire spirituellement la communauté de Saint-Pierre. L'année 2014-2015 a été pour la paroisse une année sans pasteur. Le pasteur Stéphane Hervé a desservi la paroisse à mi-temps pendant l'année 2015-2016, et il est pasteur titulaire à plein temps depuis juillet 2016.